Post-accouchement : les premiers jours, & une brèche !

Cet article est la suite directe de celui de mon accouchement. Celui-ci concerne les premiers jours à trois, à l’hôpital. Cet article raconte entre autres la brèche que j’ai eu suite à la péridurale, et les complications qui y sont liées. L’article de mon accouchement s’arrête donc au moment où nous sommes tous les trois prêts à remonter dans notre chambre. A ce moment-là, c’est comme si la douleur dans les épaules et la nuque se réveillait. Passer du lit de la salle d’accouchement au lit pour remonter en chambre relance toutes les douleurs. Je ne comprends pas, ça me semble improbable, mais la fatigue l’emporte.

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LES PREMIERES HEURES, & LES PREMIERES DOULEURS

On remonte alors, je regarde Pierre super fier de pousser le petit berceau de sa fille. Je crois qu’elle dort à ce moment là, mais je ne sais même plus. Les règles en chambre pour les conjoints sont théoriquement strictes (2 heures par jour), surtout en temps de COVID. Dans la pratique, si Pierre ne fait pas d’aller-retour dans la journée, il peut rester. Et heureusement ! Je commence à me rendre compte que toute position autre qu’allongée à plat dos est insupportable, plus je me redresse dans le lit, et plus la douleur monte jusque dans la tête. Je mets toujours ça sur le compte d’un blocage du dos. Le reste de la journée se passe relativement bien. La sage-femme me fait me lever pour aller aux toilettes, je frôle le malaise (amplifié par cette douleur au crâne terrible). Bichette est super calme, genre épuisée !

Je la mets assez régulièrement au sein, mais j’arrive à peine à la regarder (toujours ce mal de crâne terrible). Pierre est fatigué aussi, il n’a pratiquement pas dormi de la nuit, mais il reste avec moi jusque 22h environ. J’ai mis plusieurs semaines à me souvenir de la première nuit, tellement le reste a pris de place. Il s’avère qu’elle a été plutôt calme au final. Bichette toussait un peu, la puéricultrice l’a massé dans la nuit, on a surélevé sa tête dans son couffin aussi. Je pense que je l’ai mise au sein 2 ou 3 fois dans la nuit. Les douleurs faisaient que j’avais du mal à la prendre et à la reposer. Donc sur la fin de la nuit, je l’ai gardée à dormir sur moi, et ça c’était doux.

brèche

« VOUS AVEZ UNE BRECHE »

Pierre est revenu vers 9h le Mercredi matin, presque en forme et avec des chouquettes pour les sages-femmes et puéricultrices. La sage-femme est alors passée pour faire un point sur mon état 24 heures après l’accouchement. Je lui parle de mes douleurs dans les épaules et la nuque. Je lui dis que dès mon retour à la maison, je ferai en sorte d’appeler un ostéo. C’est lorsque je lui parle des maux de tête terribles que j’ai lorsque je me redresse qu’elle tique tout de suite. « Un ostéo ne vous aidera pas, je pense que vous avez un brèche ». What, une brèche ?

Une brèche, c’est ce qu’il peut se passer lorsque l’aiguille de la péridurale va un peu trop loin. Cette brèche, concrètement, c’est un écoulement de liquide céphalo-rachidien. En position allongée, plat dos, pas de douleur, mais dès lors que l’on commence à se redresser, un mal de crâne intenable monte. Chez moi, ça commençait par une douleur terrible dans les épaules, puis dans la nuque, et enfin dans le crâne. Se lever est un supplice (il faut bien aller faire pipi), et faire redescendre la douleur est très long ensuite.

La sage-femme m’informe qu’elle va demander aux anesthésistes de passer me voir. La journée est difficile : je mange peu car je ne supporte pas la position assise, je suis plus fatiguée que la veille aussi. Pierre se charge de donner des nouvelles à la famille et aux amis. Il gère pratiquement tout le reste, puisque je ne tiens ni assise, ni debout. C’est Pierre qui donne le premier bain de Bichette avec la puéricultrice, c’est lui qui l’habille et qui change ses couches. C’est également lui qui gère les soins du cordon, et qui la berce pour l’aider à s’endormir. Autrement dit, je suis exténuée, douloureuse, et je me sens inutile.

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BLOOD PATCH, SAISON 1

En milieu d’après-midi, deux internes anesthésistes passent me voir, confirment face à mes symptômes qu’il s’agit bien d’une brèche. Je devrais pouvoir passer en intervention en fin d’après-midi. Leur priorité reste les accouchements et autres urgences, on doit se caler au milieu de ça. Cette intervention est un « blood patch » : on me pose de nouveau une péridurale, on me prélève du sang dans le bras, qu’on injecte ensuite dans la péridurale. L’idée est que le sang injecté va coaguler autour de la plaie faite par l’aiguille, et donc la soigner & stopper l’écoulement. Le taux de réussite d’un premier blood patch est de 70 à 80%. Si besoin d’une seconde intervention, le taux de réussite approche les 95%.

En fin de journée, on m’emmène pour procéder à l’intervention. Les anesthésistes m’informent qu’on va procéder en me laissant allongée sur le côté, car je ne tiens pas assise. L’intervention dure une vingtaine de minutes, ce n’est pas douloureux. On me garde ensuite une heure sous surveillance, puis je remonte en chambre. Je dois rester allongée encore une heure. Au bout de ces deux heures, je dois commencer à me redresser pour vérifier si l’intervention a fonctionné. Malheureusement, dès que je commence à me redresser, je sais instantanément que ça n’a pas fonctionné. Il est 19h30, je suis épuisée, j’ai mal, tellement mal. Je suis désespérée à l’idée que Pierre rentre à la maison et me laisse seule, je ne vois pas comment je vais pouvoir gérer la nuit seule. Il part vers 21h, et la puéricultrice m’assure que je peux l’appeler autant que nécessaire. Je suis littéralement en larmes, de fatigue, de douleur et de peur.

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LA DEUXIEME NUIT

On attaque donc la deuxième nuit, celle de « la java ». Alors je ne sais pas si Bichette a fait la java, mais en tout cas elle n’a pas voulu lâcher le sein de toute la nuit. Je l’ai gardée avec moi dans le lit. Je pouvais donc être allongée sur le côté, garder Bichette au sein et somnoler comme ça. Bichette se réveillait dès que j’essayais de l’enlever du sein pour me poser sur le dos, donc j’ai tenu sur le côté. La puéricultrice est venue quelques fois pour m’aider à changer de côté. La nuit a donc été très peu reposante. Le seul petit plaisir a été de pouvoir la regarder pendant des heures, et de respirer son odeur.

Le Jeudi matin, je suis à bout, je dis au personnel et à Pierre que je n’ai plus la force de l’allaiter. Je ne peux plus, chaque mouvement me fait mal, & je n’arrive pas à manger ni à vraiment dormir. Alors, on décide de nourrir Bichette au lait maternisé, mais à la seringue, pour ne pas lui donner de biberon. Je savais que je repasserai en intervention pour un second blood patch, sans savoir quand. Je décide alors que l’on réessaiera le sein après la seconde intervention, si je vais mieux, là c’est juste trop de pression à gérer.

Au milieu de tout ça, les contrôles pédiatriques de Bichette sont très bons, elle est en pleine forme et son poids n’a pas trop baissé depuis la naissance, c’est encourageant. Donc, Bichette a été nourrie à la seringue toute la journée par les puéricultrices. On parle ici de grosses seringues, l’idée étant de venir déposer de petites quantités de lait au bord de sa bouche pour qu’elle lape et qu’elle avale. Dans la matinée, j’ai la visite de l’anesthésiste de l’accouchement, désolée d’avoir causé une brèche. Evidemment, je ne lui en veux pas ! Elle me confirme que sa collègue de garde passera me voir dans l’après-midi, et que je devrais pouvoir passer en intervention dans la nuit. De toute façon, il faut systématiquement 24 heures entre les deux interventions.

Pierre assure, comme les jours précédents, absolument tout pour Bichette. J’ai littéralement la sensation d’être inutile pour mon petit bébé tout neuf sur Terre. Les seuls moments où je peux la regarder, c’est quand elle dort dans son petit berceau en plexi tout près de moi. Je somnole avec comme doudou le pyjama qu’elle a porté la veille. En toute fin de journée, la puéricultrice montre à Pierre comment donner le lait à la seringue, pour qu’il gère la nuit. On a en effet vu pour que Pierre puisse passer la nuit sur place. Vu mon état et l’intervention prévue, plus le personnel réduit la nuit, la sage-femme en chef était tout à fait OK pour que Pierre reste.

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BLOOD PATCH, FINALE SEASON

Je descends en intervention vers 22h, l’anesthésiste me demande si je me sens de tenir assise le temps de l’intervention. Je suis prête à tout pour que ça s’arrête, même à supporter cette sensation de tête sur le point d’imploser. L’intervention se passe bien, elles sont trois, l’anesthésiste en chef et deux collègues pour l’assister. On discute, on se marre un peu aussi, ça m’aide à contrôler la douleur. Rebelote pour la pose de la péridurale, du prélèvement, et de l’injection ; je suis rodée. Lors de l’injection, j’ai des sensations totalement différentes de la première intervention, c’est bon signe. Je repars de nouveau pour deux heures allongée plat dos. Assez vite, je suis un peu inquiète car j’ai des douleurs dans les épaules, mais je veux croire à la réussite. Je reviens dans la chambre vers 1 heure du matin. Pierre a endormi Bichette et il somnole dans le fauteuil.

Je m’interdis d’essayer de me redresser en pleine nuit, même une fois les 2 heures réglementaires passées. Je me dis que si ça n’a pas fonctionné, je vais littéralement criser, et ça ne serait pas raisonnable en pleine nuit. J’arrive à m’endormir (c’est bon signe aussi !) et je me réveille vers 6h je crois. Je ne sais plus dire si Bichette s’est réveillée entre temps, mais je crois que Pierre lui a redonné à manger à la seringue une ou deux fois.

A mon réveil vers 6h, le Vendredi donc, je décide de redresser le dossier de mon lit, et victoire, je n’ai pas de douleur ! La brèche semble donc colmatée. J’appelle la sage-femme pour la prévenir, et qu’elle soit là quand je me lèverai. On constate toutes les deux que je vais bien, je revis, c’est un truc de dingue ! Bichette se réveille, donc hop on la met au sein, et c’est reparti comme si de rien n’était. Pierre me raconte qu’il lui a donné on ne sait combien de fois des 5 ou 10ml de lait à chaque fois, il s’est amusé toute la nuit ! Je retrouve le sourire, ça fait du bien. Le petit déjeuner arrive, et c’est le premier plateau depuis Lundi midi que je mange vraiment.

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MARCHER, MANGER, BOUGER, SE DOUCHER !

La puéricultrice passe pour emmener Bichette faire le test de Guthrie, Pierre l’accompagne. Ce test, par prélèvement de quelques gouttes de sang, permet de détecter très tôt chez le nourrisson 5 maladies rares & graves. Si pas de nouvelles sous deux mois, c’est que tout va bien. Pierre prend son courage à deux mains, les aiguilles, c’est pas du tout sa passion !

Pendant qu’ils partent faire ce test, j’en profite pour prendre une douche, et ça fait un bien fou après 3 jours de toilettes de chat ! Je suis au taquet, mais je me rends vite compte que j’ai quand même besoin de faire doucement, après plus de 3 jours à manger à peine, restée couchée, une brèche et 3 péridurales posées. Malgré tout, cette douche me fait un bien fou, marcher et m’habiller aussi. C’est aussi la première fois depuis l’accouchement que je prends le temps de regarder et de toucher mon ventre. Ma peau me semble toute fine et fragilisée, mais mon ventre a retrouvé sa taille pré-bébé. La matinée se passe entre derniers contrôles pour moi et visite de la pédiatre. Bichette est en pleine forme, elle a aussi déjà repris du poids ; et moi je vais bien également. L’anesthésiste qui m’a soignée passe vérifier comment je vais, pour m’autoriser à quitter l’hôpital. On nous donne donc l’autorisation de rentrer à la maison tous les trois.

Côté brèche, tout n’est pas totalement soldé. Les plus gros symptômes sont passés, par contre, l’anesthésiste me dit que je peux continuer à avoir certains effets. On parle de maux de tête, de douleurs dans le dos, pendant plusieurs jours ; mais que ça doit s’estomper. En effet, dans les 10 jours suivant l’intervention, j’aurai encore des douleurs lorsque je me lève trop vite, ou que je me redresse. Et finalement, après deux semaines environ, plus rien. Victoire !

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LE PETIT MOT DE LA FIN

Pour conclure ce séjour à l’hôpital, nous avons eu des sages-femmes, gynécologues, puéricultrices et anesthésistes professionnels, à l’écoute et empathiques. Même de nuit, alors que les équipes sont ultra restreintes, on nous a aidé. Ces dernières années, on entend de plus en plus de témoignages de violences obstétricales, et j’avais briefé Pierre sur les comportements qu’on ne devrait pas accepter. Nous n’avons rien eu à dire et j’en suis heureuse. Tous les gestes médicaux que j’ai pu avoir ont toujours été précédé d’un « vous me dites si c’est OK pour vous, vous me dites quand je peux y aller ».

Tout nous a toujours été expliqué, aucun geste ne nous a été imposé, ou n’a été décidé pour nous. Idem pour l’allaitement, je m’étais énormément renseignée, mais tous le personnel a été accompagnant. Même quand j’ai dit que je voulais stopper (temporairement) le temps d’aller mieux, le personnel a assuré. Ca aurait été beaucoup plus simple pour eux de nous filer un biberon comme si c’était la seule solution. Ca n’a pas été le cas, et vraiment, je trouve ça génial. Je suis heureuse de dire que les équipes de l’hôpital ont été exemplaires pour nous.

Par contre, cette brèche m’aura volé les premiers jours avec mon bébé. J’ai mis du temps à le réaliser, et pour plein de raisons. D’abord, la brèche en elle-même : les douleurs terribles, l’incapacité à bouger et donc à m’occuper de Bichette. Ensuite, parce que j’ai presque été prise de court à la naissance. Je m’étais assez peu projetée dans cette naissance, j’avais assez peu visualisé ce bébé. Et le peu que j’avais imaginé a été balayé par l’arrivée réelle de ce tout petit chaton. Je crois que j’ai eu un temps de flottement, « ce bébé est le mien »? Enfin, parce que je voyais Pierre super à l’aise à s’en occuper, et je trouvais ça tellement chouette, ça a un peu occulté mon inaction. Une fois rentrés à la maison, il a fallu par contre que je trouve ma place…

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2 Replies to “Post-accouchement : les premiers jours, & une brèche !”

  1. […] séjour à la maternité. J’ai plutôt été maximaliste (et encore plus si on considère mon séjour à la maternité où je n’ai pas pu m’habiller pendant 4 jours), mais je ne voulais pas risquer de […]

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